Passoires thermiques : leur suppression va coûter plus cher que prévu

Publié le 17 Mai 2022

La loi “Climat et Résilience” et la loi “Énergie Climat” imposeront la rénovation énergétique progressive des passoires thermiques dès 2023. Pour le Gouvernement, le nombre de logements mal isolés s'élevait à 4,8 millions (soit 17 % des logements). Finalement, mauvaise surprise, les passoires thermiques recensées sur le territoire français seraient, en réalité, deux fois plus nombreuses. La note finale pour réaliser des travaux devrait donc coûter beaucoup plus cher que prévu initialement. Détails !

Le nombre de passoires énergétiques et le montant des travaux sous-estimés

Il s’avère que la réalité est bien différente de ce qu’avait annoncé le Gouvernement. Les passoires énergétiques, à savoir les logements mal isolés dont le diagnostic de performance énergétique (DPE) a attribué les notes F,G,E et D, ne seraient pas 4,8 millions, mais bien le double. C’est du moins ce qu’estime le Syndicat interprofessionnel du diagnostic immobilier (SIDIANE).

La raison ? Le nouveau mode de calcul du DPE qui est imposé depuis le 1er juillet 2021 et qui a augmenté considérablement le nombre de passoires énergétiques en France. Jean-Marc Torrollion, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), se dit inquiet puisqu’il a indiqué être du même avis, en estimant que le nombre de logements concernés pourrait bien être de 7 ou 8 millions, sans compter les logements notés E par le DPE.

Une facture qui pourrait s’élever à 246 milliards d’euros

Pour les représentants du secteur de l’immobilier, la facture devrait donc être bien plus importante que prévu. En effet, rénover les passoires énergétiques, pour améliorer leurs performances et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, devraitfinalement coûter 150 milliards d’euros. Avec les logements classés E (dont l’interdiction de mise en location est fixée au 1er janvier 2024), la note totale pourrait même grimper jusqu’à 246 milliards d’euros. Les professionnels du secteur se disent inquiets de cette constatation. Finalement, les conséquences sont la baisse des prix de ces logements que les propriétaires s’empressent de mettre en vente. En effet, il a été observé que les logements énergivores classés F ou G au DPE ont vu leur prix de vente diminuer de 6,7 % par rapport à un logement C, D ou même E. En effet, pour les maisons individuelles notées F et G, c’est une baisse de 17 % du prix de vente par rapport à une maison classée A ou B qui est observée. Quant aux appartements classés F et G, la baisse du prix de vente est de 13 % en moyenne.

 

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